Un rosier peut donner lâillusion de la robustesse, puis basculer en quelques jours : jeunes pousses molles, boutons floraux qui se tordent, feuilles qui brillent dâun film collant. Le puceron sait profiter du moindre dĂ©sĂ©quilibre, surtout au printemps, quand la sĂšve monte et que les tiges sont tendres. Le rĂ©flexe classique consiste Ă chercher âleâ produit qui rĂšgle tout. Dans les faits, les rosiers se protĂšgent mieux avec une mĂ©thode dâentretien cohĂ©rente, faite de surveillance, de gestes simples et dâun jardin vivant. « Avant de changer, il faut comprendre ce qui ne fonctionne plus. » Ici, ce qui ne fonctionne plus, câest souvent un manque dâobservation, un arrosage mal calĂ©, un massif trop ânuâ et des auxiliaires absents.
Pour garder des roses nettes sans transformer lâextĂ©rieur en laboratoire, il faut raisonner comme pour une maison : prioriser, adapter, entretenir. Le puceron nâest pas quâun parasite, câest un indicateur. Il signale un excĂšs de jeunes tissus, une plante stressĂ©e ou un environnement trop uniforme. Lâobjectif nâest pas de stĂ©riliser le jardin, mais de stabiliser un Ă©quilibre : limiter les dĂ©gĂąts, prĂ©server la floraison, et permettre aux prĂ©dateurs naturels de faire une partie du travail. « Le confort, câest dâabord une question de cohĂ©rence. » Au jardin aussi : des gestes modestes mais rĂ©guliers valent mieux quâune action brutale et tardive.
En bref
- Repérer tÎt : miellat collant, fourmis actives, boutons déformés et amas visibles sur les pousses.
- DĂ©marrer simple : jet dâeau ciblĂ©, suppression manuelle, puis pulvĂ©risations douces si nĂ©cessaire.
- Choisir des recettes éprouvées : savon noir bien dilué, préparations végétales, alternance des méthodes.
- Installer des alliés : coccinelles, chrysopes, syrphes, oiseaux insectivores, via diversité végétale et refuges.
- Prévenir à la source : sol vivant, fertilisation modérée, taille qui aÚre, plantes compagnes autour des rosiers.
- Garder les âgrosâ traitements en secours, appliquĂ©s localement et hors butinage.
Reconnaßtre les pucerons du rosier rapidement : signes, causes et dégùts à surveiller
La lutte efficace commence par un diagnostic net. Les pucerons du rosier mesurent peu, mais ils travaillent en groupe. Ils sâagglutinent sur les tissus jeunes, lĂ oĂč la sĂšve circule vite. Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui rend lâattaque visible si un contrĂŽle court mais rĂ©gulier est instaurĂ©. Un bon repĂšre : regarder dâabord les extrĂ©mitĂ©s des tiges, puis le revers de quelques feuilles. Cette routine Ă©vite le scĂ©nario classique : une colonie discrĂšte le vendredi, une plante dĂ©formĂ©e le lundi aprĂšs une pĂ©riode douce.
Les indices les plus fiables ne se limitent pas aux insectes eux-mĂȘmes. Le miellat, sĂ©crĂ©tion sucrĂ©e et collante, donne un aspect luisant aux tiges. Il attire les fourmis, qui montent et descendent comme sur un chantier bien organisĂ©. Ce duo est redoutable : les fourmis âĂ©lĂšventâ les pucerons pour rĂ©colter le miellat et repoussent certains prĂ©dateurs. Ensuite, la fumagine peut sâinstaller. Cette couche noire ternit le feuillage et rĂ©duit la photosynthĂšse. Ce nâest pas seulement inesthĂ©tique, câest une baisse de performance pour la plante.
Un rosier attaquĂ© ne meurt pas systĂ©matiquement, mais il sâĂ©puise. Les boutons restent petits, la floraison devient irrĂ©guliĂšre, les jeunes feuilles se recroquevillent. Sur un rosier rĂ©cemment plantĂ©, la marge est plus faible : ses racines ne sont pas encore bien ancrĂ©es, et la rĂ©cupĂ©ration est plus lente. Est-ce que cela signifie quâil faut traiter Ă la moindre apparition ? Non. Cela signifie quâil faut prioriser : une colonie naissante se gĂšre avec des gestes mĂ©caniques. Une invasion installĂ©e impose une rĂ©ponse plus structurĂ©e.
Pour rendre cette observation facile, un rituel hebdomadaire fonctionne trĂšs bien, surtout entre la montĂ©e de sĂšve et les premiĂšres grosses chaleurs. Le but nâest pas dây passer une heure. Dix minutes suffisent si lâon sait quoi chercher, comme un rapide Ă©tat des lieux dans une maison : on repĂšre avant que cela ne coĂ»te cher.
Un contrĂŽle visuel âutileâ : quoi regarder, oĂč et quand
Les zones clĂ©s sont toujours les mĂȘmes : extrĂ©mitĂ©s souples, boutons encore fermĂ©s, dessous des feuilles et jonctions tiges-feuilles. Les pucerons aiment les endroits protĂ©gĂ©s du vent et du soleil direct. AprĂšs une pluie, ils peuvent ĂȘtre moins visibles mais repartent vite si la mĂ©tĂ©o redevient douce. AprĂšs une pĂ©riode trĂšs sĂšche, la plante est stressĂ©e et la poussĂ©e de sĂšve peut devenir irrĂ©guliĂšre, ce qui la fragilise.
Une technique simple consiste Ă passer lĂ©gĂšrement les doigts sur une tige : si cela colle, la colonie est active mĂȘme si elle est peu visible. Autre signal : une concentration de fourmis sur un rosier prĂ©cis, alors que le reste du massif est calme. Ce nâest pas un jugement sur les fourmis. Câest un indice pratique.
| SymptĂŽme observĂ© | Ce que cela signifie | PrioritĂ© dâaction |
|---|---|---|
| Feuilles recroquevillĂ©es | Pompage de sĂšve sur tissus jeunes, croissance perturbĂ©e | ĂlevĂ©e : agir vite et localement |
| Film collant (miellat) | Colonies actives, risque de fumagine | ĂlevĂ©e : nettoyer et traiter doux |
| Fourmis trĂšs prĂ©sentes | Protection des colonies, infestation plus durable | Moyenne : rĂ©duire la colonie, limiter lâaccĂšs |
| Boutons floraux dĂ©formĂ©s | Affaiblissement, floraison compromise | ĂlevĂ©e : intervention ciblĂ©e |
| Amas dâinsectes visibles | Population dĂ©jĂ installĂ©e | ĂlevĂ©e : combiner jet dâeau + solution douce |
Ce premier bloc de surveillance sert Ă dĂ©cider sans paniquer. La suite logique consiste Ă agir avec des mĂ©thodes curatives douces, parce quâun jardin efficace nâest pas un jardin âvideâ. « Une maison bien pensĂ©e se vit mieux quâelle ne se montre. » Un rosier bien suivi se gĂšre mieux quâil ne sâaffiche.

Traitements naturels contre les pucerons des rosiers : méthodes fiables, dosages et erreurs fréquentes
Quand les signes sont lĂ , lâerreur la plus courante consiste Ă âmonter en puissanceâ trop vite. Un traitement naturel fonctionne si trois conditions sont respectĂ©es : il est bien dosĂ©, bien ciblĂ©, et rĂ©pĂ©tĂ© avec logique. Un seul passage trĂšs fort brĂ»le parfois le feuillage sans rĂ©gler le fond du problĂšme. Ă lâinverse, une action douce mais rĂ©guliĂšre abaisse la pression et laisse la place aux auxiliaires.
Le premier geste, souvent sous-estimĂ©, reste mĂ©canique : un jet dâeau assez ferme, dirigĂ© sur les colonies. Sur des pousses vigoureuses, cela fait tomber une partie des pucerons au sol. Ils remontent mal, et deviennent des proies plus faciles. Ce geste a aussi un avantage : il ne laisse aucun rĂ©sidu et nâinterfĂšre pas avec la biodiversitĂ©. Ensuite seulement, si nĂ©cessaire, la pulvĂ©risation se discute.
Le savon noir liquide est un classique parce quâil est simple et efficace par contact. Il dissout une partie du miellat et gĂȘne la respiration des insectes. Lâimportant est dâĂ©viter le plein soleil : le feuillage humide + chaleur = risque de marques. Traiter tĂŽt le matin ou en soirĂ©e est plus sĂ»r. Une pratique utile consiste Ă pulvĂ©riser en deux angles : face puis dessous des feuilles, car la colonie se cache souvent lĂ .
Savon noir, tensioactifs doux et préparations végétales : comment choisir
Le produit vaisselle Ă©cologique, trĂšs diluĂ©, peut dĂ©panner. Il nâa pas la mĂȘme âtolĂ©ranceâ quâun savon noir, dâoĂč lâintĂ©rĂȘt de faire un test sur quelques feuilles. Lâobjectif est de fragiliser lâinsecte sans agresser la cuticule du rosier. Ce nâest pas une course Ă la mousse : une dose trop forte ne ânettoieâ pas mieux, elle irrite.
Les prĂ©parations vĂ©gĂ©tales ont un autre rĂŽle : elles accompagnent. Le purin dâortie, diluĂ©, tonifie et soutient la plante. Ce nâest pas un insecticide instantanĂ©, câest un outil dâamĂ©lioration. Dans un jardin pensĂ© au quotidien, ces plantes âressourcesâ peuvent ĂȘtre cultivĂ©es en marge, comme on rĂ©serve une Ă©tagĂšre utile plutĂŽt quâun objet dĂ©coratif inutile. « La dĂ©co utile, câest celle qui rend la vie plus simple. » Au jardin, lâutile se voit dans la rĂ©gularitĂ©.
Pour les mĂ©langes type vinaigre + huile, la prudence est obligatoire. TrĂšs diluĂ©s, ils peuvent gĂȘner par contact. Mal dosĂ©s, ils brĂ»lent. Une bonne mĂ©thode consiste Ă noter la recette, la date et le rĂ©sultat, comme un carnet dâentretien. Cela Ă©vite de rĂ©pĂ©ter une erreur la saison suivante.
- Jet dâeau ciblĂ© : Ă faire en premier, surtout sur colonies localisĂ©es.
- Solution au savon noir : efficace par contact, pulvérisation sur pousses et revers des feuilles.
- Tensioactif doux (dépannage) : dose minimale, test préalable, usage ponctuel.
- Purin dâortie diluĂ© : soutien de la vigueur, en alternance avec dâautres gestes.
- Nettoyage du miellat : chiffon humide sur tiges accessibles, pour limiter fumagine et fourmis.
Pour renforcer cette approche, il est utile de penser âsystĂšmeâ : une plantation dense et diversifiĂ©e rend ces traitements moins frĂ©quents. Les lecteurs qui organisent un extĂ©rieur compact, balcon ou cour, peuvent sâinspirer dâun agencement de petit espace, comme proposĂ© dans ce guide de potager urbain en petit espace. La logique est la mĂȘme : optimiser, observer, entretenir sans sâĂ©puiser.
La prochaine Ă©tape consiste Ă faire travailler le vivant Ă vos cĂŽtĂ©s : attirer coccinelles, chrysopes et syrphes, plutĂŽt que de tout gĂ©rer au pulvĂ©risateur. Câest souvent lĂ que lâentretien devient plus lĂ©ger.
Voir aussi une démonstration visuelle des gestes de pulvérisation et de ciblage peut aider à éviter les erreurs de dosage et de timing.
Auxiliaires du jardin en 2026 : coccinelles, chrysopes, syrphes et équilibre durable autour des rosiers
Un jardin qui se dĂ©fend tout seul nâest pas un mythe, mais il ne se met pas en place avec une seule action. Les auxiliaires arrivent si le lieu leur propose trois choses : de la nourriture sur la durĂ©e, des abris, et lâabsence de traitements trop agressifs. Les pucerons, dans cette logique, deviennent une ressource temporaire. Le but nâest pas de les aimer, mais de comprendre leur rĂŽle dans la chaĂźne.
Les coccinelles sont la figure la plus connue. Ce sont surtout les larves qui font le travail le plus net : elles consomment beaucoup de pucerons et explorent les tiges avec une efficacitĂ© Ă©tonnante. Mais pour que cette rĂ©gulation se produise au bon moment, il faut que les adultes aient de quoi se nourrir avant lâexplosion des colonies. DâoĂč lâintĂ©rĂȘt de fleurs mellifĂšres Ă©talĂ©es sur la saison : certaines ombellifĂšres, des aromatiques laissĂ©es en floraison, des vivaces simples.
Attirer les prédateurs : diversité végétale, refuges et gestes anti-contreproductifs
Les syrphes ressemblent Ă de petites guĂȘpes, mais ils sont inoffensifs. Leurs larves sont de vraies machines Ă pucerons, tandis que les adultes participent Ă la pollinisation. Les chrysopes, plus discrĂštes, sont Ă©galement prĂ©cieuses. Elles apprĂ©cient les zones un peu plus âtranquillesâ, avec des refuges. Un tas de feuilles dans un coin, quelques tiges creuses conservĂ©es, un petit fagot, peuvent compter davantage quâun âhĂŽtel Ă insectesâ achetĂ© pour dĂ©corer. Un abri utile est un abri placĂ© au bon endroit, sec, stable, non dĂ©rangĂ©.
Un fil conducteur aide Ă se projeter : dans un lotissement rĂ©cent, âSophieâ avait installĂ© une bordure minĂ©rale trĂšs propre autour de ses rosiers, avec peu de plantes compagnes. RĂ©sultat : chaque printemps, les pucerons prenaient le dessus et le traitement revenait comme une corvĂ©e. En densifiant le massif (lavande, romarin, capucines en avant-plan) et en laissant un coin de feuilles mortes en hiver, la prĂ©sence de coccinelles et de syrphes sâest stabilisĂ©e. Les pucerons nâont pas disparu, mais la floraison est redevenue rĂ©guliĂšre, sans intervention hebdomadaire.
Les oiseaux insectivores complĂštent aussi la rĂ©gulation. Un point dâeau sĂ©curisĂ©, une haie diversifiĂ©e, un nichoir adaptĂ©, peuvent transformer la pression dâinsectes sur la saison. Câest une logique de confort : on investit un peu en amĂ©nagement, on rĂ©cupĂšre en tranquillitĂ©. « Le confort, câest dâabord une question de cohĂ©rence. » Un jardin cohĂ©rent fatigue moins.
| Auxiliaire | Ce quâil apporte | Comment lâaider Ă sâinstaller |
|---|---|---|
| Coccinelles | Larves et adultes consomment les colonies | Plantes fleuries variées, peu de traitements, zones refuges |
| Chrysopes | Larves prĂ©datrices sur pucerons et petits ravageurs | Tiges creuses, haies, limitation de lâĂ©clairage nocturne |
| Syrphes | Larves anti-pucerons, adultes pollinisateurs | Fleurs mellifĂšres, continuitĂ© de floraison, pas dâinsecticides |
| AraignĂ©es | Capture dâinsectes volants et rampants | Coins peu perturbĂ©s, vĂ©gĂ©tation structurĂ©e |
| Oiseaux insectivores | Consommation dâinsectes variĂ©s sur la saison | Nichoirs, haies, point dâeau propre |
Pour aller plus loin, une approche âbiodiversitĂ© utileâ se construit comme un plan dâamĂ©nagement : on choisit des zones, on clarifie les usages, on garde du âfonctionnelâ plutĂŽt que du dĂ©coratif. La section suivante dĂ©taille justement la prĂ©vention, câest-Ă -dire tout ce qui rend le rosier moins attractif pour les pucerons, avant mĂȘme quâils arrivent.
Une vidĂ©o sur lâidentification des auxiliaires et leur cycle peut aider Ă mieux lire ce qui se passe au jardin, au-delĂ du seul rosier.
Prévention anti-pucerons sur rosiers : sol vivant, arrosage, taille et plantes compagnes
PrĂ©venir nâest pas âfaire plusâ. Câest faire mieux, au bon moment. Un rosier en forme tolĂšre une petite pression sans se dĂ©former. Un rosier stressĂ© attire les attaques et rĂ©cupĂšre mal. Cela commence au pied : structure du sol, humiditĂ©, apport de matiĂšre organique. Un terrain compact et pauvre crĂ©e des racines superficielles, donc une plante plus sensible aux Ă -coups (sĂ©cheresse, excĂšs dâeau, chaleur). Ă lâinverse, un sol souple, enrichi en compost mĂ»r, draine sans sĂ©cher trop vite.
La fertilisation est un point souvent mal compris. Trop dâazote pousse la plante Ă produire des tiges trĂšs tendres. Câest confortable pour le puceron, comme un buffet accessible. Mieux vaut une alimentation modĂ©rĂ©e et rĂ©guliĂšre : compost, amendement organique bien dĂ©composĂ©, Ă©ventuellement un engrais Ă©quilibrĂ© si le sol est pauvre. Un rosier nourri âfortâ est parfois un rosier plus vulnĂ©rable, ce qui semble paradoxal mais se vĂ©rifie sur le terrain.
Arrosage et taille : deux leviers qui changent tout
Lâarrosage doit ĂȘtre abondant mais espacĂ©, au pied. Arroser un peu tous les jours crĂ©e des racines paresseuses. Arroser correctement une Ă deux fois par semaine (selon sol et mĂ©tĂ©o) encourage lâenracinement. Et un rosier bien enracinĂ© gĂšre mieux les variations. Le feuillage, lui, nâa pas besoin dâĂȘtre mouillĂ©. Une humiditĂ© constante sur les feuilles favorise plutĂŽt certaines maladies, ce qui cumule les problĂšmes.
La taille nâest pas une opĂ©ration âcosmĂ©tiqueâ. Elle sert Ă aĂ©rer. Un centre trop dense garde lâhumiditĂ©, ralentit le sĂ©chage aprĂšs pluie et offre des zones protĂ©gĂ©es aux colonies. Une taille mesurĂ©e, qui enlĂšve le bois faible et ouvre la structure, amĂ©liore la circulation de lâair. Cela rĂ©duit aussi la nĂ©cessitĂ© de traiter, parce que la plante sĂšche plus vite et reste plus lisible Ă inspecter. Encore une fois, câest une logique dâusage : on simplifie pour entretenir mieux.
Les plantes compagnes sont la couche suivante. Certaines perturbent les pucerons par leur odeur (lavande, romarin). Dâautres jouent les âaimantsâ et dĂ©portent lâattaque (capucines). En pratique, cette association fait aussi gagner en esthĂ©tique et en stabilitĂ©. Un massif monospĂ©cifique est souvent plus fragile quâun massif variĂ©. Pour ceux qui hĂ©sitent Ă mĂ©langer ornement et comestible, la cohabitation se gĂšre trĂšs bien, Ă condition de rester cohĂ©rent sur les produits utilisĂ©s : plus les solutions sont douces, plus lâensemble est facile Ă vivre.
Dans les jardins urbains, cette prĂ©vention rejoint des contraintes dâespace et dâorganisation. LâidĂ©e est dâĂ©viter les zones âmortesâ oĂč rien ne vit, et de crĂ©er des strates. Cette logique dâamĂ©nagement extĂ©rieur se rapproche des principes de planification dâune piĂšce : circulation, fonctions, entretien. « Une maison bien pensĂ©e se vit mieux quâelle ne se montre. » Un massif bien pensĂ© se maintient mieux quâil ne se photographie.
La suite aborde le scénario de secours : que faire quand la pression devient vraiment forte, et comment choisir un produit sans casser tout ce qui a été construit.
Solutions de secours et produits insecticides : décider sans excÚs et traiter sans casser la biodiversité
Parfois, malgrĂ© une prĂ©vention sĂ©rieuse, lâinfestation gagne. Un printemps particuliĂšrement doux, un rosier dĂ©jĂ affaibli, ou un simple retard de surveillance suffisent. Dans ces cas, lâobjectif reste de corriger sans abĂźmer durablement lâĂ©cosystĂšme. Les insecticides Ă large spectre rĂšglent un problĂšme visible mais crĂ©ent un problĂšme invisible : disparition des auxiliaires, rupture de rĂ©gulation, et retour des pucerons plus tard, parfois plus fort.
Les solutions dites âbiologiquesâ ne sont pas anodines pour autant. Un produit Ă base de pyrĂšthre dâorigine vĂ©gĂ©tale, par exemple, peut ĂȘtre efficace, mais il touche aussi des insectes utiles sâil est pulvĂ©risĂ© sans prĂ©caution. La rĂšgle est simple : usage rare, localisĂ©, et en dehors des pĂ©riodes de butinage. Traiter le soir rĂ©duit le contact avec les pollinisateurs. Respecter la notice et les doses nâest pas une formalitĂ© : câest ce qui Ă©vite les dĂ©rives.
PiÚges, huiles, traitements ciblés : ce qui peut aider, ce qui peut nuire
Les piĂšges collants jaunes servent surtout au suivi. Ils capturent des insectes volants, dont des pucerons ailĂ©s, et donnent un signal visuel sur la pression. Mais ils ne trient pas : ils peuvent piĂ©ger aussi des auxiliaires. Ils se placent donc avec parcimonie, plutĂŽt en zone de diagnostic, et on Ă©vite dâen parsemer tout le massif. Dans un espace semi-fermĂ© (serre, vĂ©randa), ils peuvent ĂȘtre plus pertinents.
Les huiles (neem, certaines huiles horticoles) et les recettes Ă base dâhuiles essentielles fonctionnent parfois comme rĂ©pulsifs ou par contact, mais elles demandent une dilution stricte et un test prĂ©alable. Le risque principal est la brĂ»lure du feuillage, surtout si la mĂ©tĂ©o est chaude. Un bon rĂ©flexe : essayer sur une petite zone, attendre 48 heures, puis dĂ©cider. Ce nâest pas de la prudence excessive, câest du bon sens.
Un point souvent oubliĂ© concerne les fourmis. Les Ă©liminer totalement nâest ni rĂ©aliste ni souhaitable. En revanche, rĂ©duire leur accĂšs aux tiges peut aider : nettoyage du miellat, bandes engluĂ©es sur un tuteur (pas directement sur la plante), ou simple perturbation des chemins. Le cĆur du problĂšme reste la colonie : moins de miellat, moins dâintĂ©rĂȘt pour les fourmis.
Au moment de choisir un traitement âde secoursâ, une question aide Ă dĂ©cider : est-ce que la plante est rĂ©ellement en danger, ou est-ce que lâinconfort est surtout visuel ? Sur un rosier vigoureux, quelques pucerons peuvent ĂȘtre tolĂ©rĂ©s pour laisser les auxiliaires sâinstaller. Sur un jeune sujet qui peine, une intervention rapide se justifie. « Avant de changer, il faut comprendre ce qui ne fonctionne plus. » Ici, comprendre, câest distinguer lâurgence rĂ©elle de lâenvie de perfection.
Cette approche Ă©vite lâescalade. Elle garde le jardin vivant, et rend lâentretien plus stable dâune saison Ă lâautre, ce qui est prĂ©cisĂ©ment ce que recherchent la plupart des personnes qui jardinent en 2026 : moins de promesses, plus de cohĂ©rence.
à quelle fréquence inspecter les rosiers pour détecter les pucerons ?
Au printemps et au dĂ©but de lâĂ©tĂ©, un contrĂŽle visuel hebdomadaire suffit gĂ©nĂ©ralement si le jardin est Ă©quilibrĂ©. En pĂ©riode de mĂ©tĂ©o trĂšs douce ou aprĂšs une alternance pluie/chaleur, deux passages rapides par semaine permettent dâintervenir avant que les colonies ne se structurent.
Le savon noir peut-il abĂźmer les feuilles du rosier ?
Bien diluĂ© et appliquĂ© hors plein soleil, le savon noir est en gĂ©nĂ©ral bien tolĂ©rĂ©. Le risque vient surtout dâun surdosage ou dâune pulvĂ©risation en forte chaleur. Un test sur quelques feuilles, puis une observation sur 24 Ă 48 heures, sĂ©curisent la mĂ©thode.
Faut-il supprimer toutes les fourmis autour des rosiers ?
Non. Les fourmis protĂšgent surtout les colonies pour le miellat, mais elles ont aussi leur rĂŽle au jardin. Il est plus efficace de rĂ©duire la prĂ©sence de pucerons (jet dâeau, traitement doux) et de limiter les âautoroutesâ vers les tiges, plutĂŽt que de chercher lâĂ©radication.
Peut-on mĂ©langer rosiers et plantes comestibles dans le mĂȘme massif ?
Oui, et câest souvent bĂ©nĂ©fique : la diversitĂ© attire davantage dâauxiliaires. La condition est de rester cohĂ©rent sur les produits utilisĂ©s : privilĂ©gier des solutions douces et ciblĂ©es, afin de ne pas impacter les zones de culture alimentaire ni les pollinisateurs.
Combien de temps faut-il aux coccinelles pour faire baisser une invasion de pucerons ?
Si des larves sont prĂ©sentes, une baisse peut se voir en quelques jours, mais une rĂ©gulation nette prend souvent une Ă deux semaines selon la taille de lâinfestation et la diversitĂ© du jardin. DâoĂč lâintĂ©rĂȘt dâagir tĂŽt et de prĂ©server les auxiliaires en limitant les traitements agressifs.


